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Le Dr Bernard Escudier fait le bilan du dernier congrès européen de cancérologie.

Ce congrès marquera une étape importante dans la prise en charge des cancers du rein métastatiques des patients en échec thérapeutique après un ou deux anti-angiogéniques, avec les résultats des études cliniques METEOR (cabozantinilb) et CHECKMATE 025 (immunothérapie avec le nivolumab) qui montrent respectivement une amélioration de la survie sans progression et de la survie globale. L'étude Checkmate 025 n'a pas permis de mettre en évidence un facteur prédictif de la réponse au nivolumab. Il restera également à savoir comment utiliser l'un par rapport à l'autre quand ces médicaments seront disponibles.

Par contre, les résultats des études en première ligne de traitement sont plutôt décevants :

Cancers du rein, l'heure du bilan à l'ECC 2015

[Cancers du rein, l'heure du bilan à l'ECC 2015]

Focus sur l'actualité du cancer du rein à l'ECC 2015

[Focus sur l'actualité du cancer du rein à l'ECC 2015]

Le 7 octobre 2015

Vidéo du Dr Escudier  en direct du congrès européen de cancérologie

Le Dr Escudier (Gustave Roussy, Villejuif) présente 2 avancées majeures dans le traitement du cancer du rein avec les résultats des études cliniques METEOR (cabozantinilb) et CHECKMATE 025 (nivolumab) qui montrent respectivement une amélioration de la survie sans progression et de la survie globale des patients en échec thérapeutique après un ou deux anti-angiogéniques : "Des résultats qui devraient changer les pratiques".

La vidéo sur le site medscape.fr : Deux avancées notoires dans le cancer du rein. Medscape. 30 sept 2015.


Le 28 septembre 2015

Avancées majeures dans le traitement du cancer du rein  les résultats de 2 études révélés au congrès européen de cancérologie

Le nivolumab et et le cabozantinib, 2 molécules, évaluées dans deux essais cliniques indépendants, ont eu les honneurs de l'ouverture du Congrès européen de cancérologie (ECC), qui s'est tenu du 26 au 29 septembre à Vienne (Autriche).

Les résultats, publiés simultanément dans le New England Journal of Medicine, démontrent pour les deux molécules une efficacité meilleure que le traitement standard actuel chez des patients en échec de traitement, chaque protocole visait à comparer l'efficacité de ces deux molécules et celle du traitement standard, l'everolimus.

Nivolumab : essai Checkmate 025

Les résultats présentés indiquent une amélioration significative du taux de survie globale, 25 mois contre 19 avec l'everolimus. Une efficacité, qui a d'ailleurs amené les investigateurs à stopper l'essai clinique plus tôt que prévu, afin de proposer ax patients recevant le traitement standard de passer sous nivolumab.
Cet anticorps anti PD1 présente l'avantage d'engendrer moins d'effets secondaires que le traitement classique. Par ailleurs, 25 % des patients ont répondu à l'immunothérapie, un taux de réponse qui peut sembler bas, mais ils n'étaient que 5 % à répondre à l'everolimus. Enfin, les effets secondaires rapportés par les patients sont moins fréquents avec le nivolumab.

Selon Padmanee Sharma, directrice de la plateforme d'immunothérapie du MD Anderson Cancer Center (Etats-Unis) : « Les bénéfices de survie sont observés pour l'instant avec un recul de 14 mois, mais nous allons continuer de suivre ces patients, et nous espérons qu'il y aura des effets à bien plus long terme ». De précédents travaux menés dans d'autres types de cancers avaient en effet montré des effets durables du traitement, même après l'arrêt de celui-ci.

Cabozantinib : essai METEOR

L'essai METEOR, est lui un peu moins avancé et toutes les données n'ont pas encore été recueillies. Le Pr Toni Choueiri, professeur associé à la Harvard Medical School, n'a donc présenté qu'une première série de résultats, cependant très prometteuse. La « survie sans progression » des patients est améliorée avec le cabozantinib, en comparaison du traitement standard. « L'évaluation finale de la survie globale ne pourra être faite qu'avec un suivi plus long des patients, a précisé Toni Choueriri. Mais globalement, ces résultats doivent donner un nouvel espoir aux patients diagnostiqué avec un cancer du rein avancé, le cabozantinib pourrait devenir une nouvelle option thérapeutique. »


Le 17 septembre 2015

Immunothérapie

Suite aux résultats de l'étude CheckMate-025, la FDA (agence américaine équivalente à l'ansm en France) a donné une approbation pour soumettre rapidement les données concernant le nivolumab (anticorps anti PD1) dans le cancer du rein en vue d’un enregistrement.

http://news.bms.com/…/bristol-myers-squibbs-opdivo-nivoluma…

La réponse immunitaire est essentielle pour protéger l’organisme, mais elle ne doit pas durer trop longtemps ou être trop intense pour ne pas « déborder » et s’attaquer à des cellules saines. Il existe donc un système de contrôle, « check-point », qui permet de stopper l’activation des lymphocytes quand cela est nécessaire. Mais les tumeurs se protègent en activant ce système. Elles « leurrent » ainsi les cellules immunitaires, qui stoppent leur action de défense.

La recherche contre le cancer a fait un grand pas en développant des molécules capables de lever ce frein. Les « inhibiteurs  de check-point » comme les anti-PD1 ou anti-PDL1, sont des anticorps spécifiques de certaines voies de signalisation cellulaire. Les anti-CTLA-4 ont été les premiers à démontrer une efficacité clinique, parmi eux, l'ipilimumab, qui est aujourd'hui le traitement standard du mélanome.

L’essor de l’immunothérapie est transversal, elle intéresse pratiquement tous les cancers (mélanomes, CBNPC, carcinome hépatocellulaire, cancers ORL, de l’œsophage, de l’estomac, urogénitaux…) et donne des résultats probants en termes de taux de réponse et de durabilité des réponses obtenues chez des patients qui sont le plus souvent en impasse thérapeutique, avec des cancers qui ont des pronostics très sombres.


Le 25 août 2015

Développement de nouvelles molécules

La FDA (Food and Drug Administration, agence américaine équivalente à l'ansm en France) a donné une approbation pour soumettre rapidement les données concernant le lenvatinib en vue d'accélérer son développement pour les patients atteints d’un cancer du rein avancé.

Les études se poursuivent pour évaluer le lenvatinib, dont une étude de phase I associant le lenvatinib et l’évérolimus chez les patients inopérables (NCT02454478) et une étude de phase Ib / II qui explore le lenvatinib en combinaison avec le lambrolizumab (Keytruda un anti-PD1) pour les patients atteints de tumeurs solides, y compris les carcinomes rénaux (NCT02501096).

Le lenvatinib est une thérapie administrée par voie orale disposant d'une puissante sélectivité et d'un mode d'action (liaison) différent de celui des autres inhibiteurs des tyrosine kinases (ITK). Il inhibe simultanément l'activité de plusieurs récepteurs différents, dont les récepteurs du facteur de croissance endothéliale vasculaire (VEGFR), les récepteurs du facteur de croissance des fibroblastes (FGFR), les récepteurs RET et KIT et les récepteurs du facteur de croissance dérivé des plaquettes (PDGFR).

La Commission européenne (CE) a accordé le 30 mai 2015 une autorisation de mise sur le marché à Lenvima® (lenvatinib) pour le traitement du cancer de la thyroïde différencié réfractaire à l'iode radioactif. En France, l'ansm a rendu avis positf pour cette indication en juin 2015.

http://www.ascopost.com/issues/august-25,-2015/fda-grants-breakthrough-therapy-designation-to-lenvatinib-for-metastatic-renal-cell-carcinoma.aspx


Le 27 juillet 2015

Résultats encourageants de 2 études

Mois de juillet encourageant pour tous les patients atteints de cancer du rein avec deux études positives rapportées sous la forme de communiqué de presse, et dont les résultats seront présentés en détail au prochain congrès de cancérologie à Vienne fin septembre :

  • L’étude BMS évaluant leur anticorps anti PD1, le nivolumab, en comparaison avec l’everolimus a démontré que les patients traités par ce médicament vivaient significativement plus longtemps.
  • L’étude Meteor d’Exilixis, évaluant le cabozantinib, là aussi en comparaison avec l’everolimus, a aussi démontré une supériorité du nouveau médicament en terme de contrôle de la maladie et de diminution de la taille des métastases.

Ces deux médicaments vont être soumis pour enregistrement aux autorités de santé américaines et européennes, et on espère une approbation courant 2016. D’ici là, les possibilités d’utilisation de ces médicaments passeront par des programmes d’accès plus difficiles en cours de discussion.

news.bms.com/press-release/checkmate-025-pivotal-phase-iii-opdivo-nivolumab-renal-cell-cancer-trial-stopped-early

http://www.businesswire.com/news/home/20150720005611/en/Exelixis-Announces-Positive-Top-Line-Results-METEOR-Phase#.VbaT70Tj54s


Le 13 juin 2014

50ème congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) - 30 mai au 3 juin 2014

Du 30 mai au 3 juin, près de 30 000 cancérologues ont participé au dernier congrès organisé par l’association des cancérologues américains, l'ASCO (American Society of Clinical Oncology) pour échanger leurs expériences et discuter de l’efficacité de nouveaux traitements. De retour de Chicago, le Dr Escudier nous fait part de quelques nouvelles sur le cancer du rein.

Plusieurs communications ont été remarquées :

  1. Une nouvelle signature génétique de risque de rechute dans les cancers du rein localisés a été rapportée (B. Escudier). A partir de plus de 600 tumeurs opérées (soit à Foch, soit à Necker/HEGP), l’analyse génétique a permis de valider une signature génétique, à partir de 16 gènes d’intérêt. Cette signature permet d’affiner le risque de rechute, au-delà des facteurs classiques connus. Une fois mise à disposition, ce test devrait permettre :

    1. De sélectionner éventuellement les situations où un traitement adjuvant (préventif d’une rechute après chirurgie) pourrait être utile.

    2. De mieux définir la fréquence de la surveillance par scanner.

    3. Éventuellement, de proposer une simple surveillance, sans chirurgie, pour de petites tumeurs très peu évolutives.

  2. Une étude très ambitieuse, sur plus de 1000 patients, a analysé le génome complet des patients. Des gènes ont pu être retrouvés comme facteurs prédictifs d’efficacité mais aussi de toxicité, soit au pazopanib (Votrient), soit au sunitinib (Sutent). Il s’agit de la première étude de ce genre, qui demande confirmation, mais qui pourrait représenter un gros progrès dans les années à venir (R. Motzer).

  3. L’immunothérapie continue à montrer des résultats prometteurs et encourageants. Les associations immunothérapie et antiangiogéniques semblent efficaces, mais la toxicité reste un facteur limitant. Surtout, les associations de deux immunothérapies, notamment les anticorps anti PD1 et l’ipilimumab (un anticorps utilisé dans le traitement des mélanomes évolués), entrainent des régressions tumorales très importantes, chez près de 50% des patients, avec des résultats qui semblent durables (A. Hammers). Une large étude comparant cette approche aux antiangiogéniques devrait démarrer dans les mois à venir pour valider cette stratégie. Par contre, la découverte de marqueurs prédictifs de l’efficacité de ces traitements reste encore décevante. Les années à venir devraient permettre d’améliorer la sélection des patients qui pourront bénéficier de ces traitements. On rappelle que les résultats de la grande étude de l’anticorps anti PD1 (nivolumab) sont espérés en 2015….

  4. De nombreuses autres présentations ont été faites. Retenons par exemple :

    1. L’intérêt de l’utilisation des inhibiteurs de l’angiotensine comme traitement de l’hypertension artérielle qui apparait sous antiangiogéniques (L. Derosa)

    2. Une meilleure classification des tumeurs papillaires, avec des marqueurs biologiques qui pourraient permettre de développer de nouveaux traitements dans cette forme de cancer du rein qui représente environ 15% des tumeurs du rein (L. Albiges). Dans l’immédiat, les antiangiogéniques (tel le sunitinib) demeurent le traitement de référence (N. Tannir)

En résumé, encore un bon cru de l’ASCO, avec de nouveaux espoirs, qui restent à être confirmés, et surtout à être applicables…..

Les résumés des présentations concernant le cancer du rein sont visibles sur cette page.


Le 19 novembre 2013

Tumeurs, Darwin et médecine personnalisée

Article de l'Institut National du Cancer à retrouver sur :  http://www.e-cancer.fr/rss-recherche/6949

Pour la première fois, grâce aux plus récents outils de la génomique et de la bioinformatique, des chercheurs britanniques ont réussi à montrer comment les cellules, en se multipliant pour former une tumeur, mettent en œuvre les principes de la théorie de Darwin. En révélant une diversité insoupçonnée, à l’intérieur d’une même tumeur ou entre la tumeur primitive et ses métastases, ces résultats apportent un éclairage nouveau sur notre vision de la maladie et nos capacités d’en améliorer les traitements.

On sait qu’un cancer commence à se développer lorsque le génome d’une cellule subit des modifications lui conférant la capacité de se diviser de façon incontrôlée. Mais que sait-on des cellules tumorales qui, de génération en génération, se multiplient ? Conservent-elles les modifications génomiques de la cellule originelle, et elles seules ? Ou en acquièrent-elles de nouvelles, qui dotent la tumeur de multiples facultés d’adaptation aux traitements ? Et que sait-on des cellules qui s’échappent de la tumeur primitive pour former des métastases à distance ? Cette dernière question est d’autant plus cruciale que, d’un point de vue clinique, nul n’ignore qu’un cancer devient difficile à maîtriser lorsqu’il est métastasé.

Dans le New England Journal of Medicine, une équipe britannique rapporte les résultats d’un travail qui, pendant trois ans, aura mobilisé des moyens considérables en matière d’analyse génomique. L’étape initiale a consisté à séquencer [1], à partir de prélèvements effectués chez un seul patient atteint d’un cancer métastatique du rein, les génomes de neuf régions de la tumeur primitive, mesurant dix centimètres, et les génomes de cinq métastases. L’analyse des données génomiques, correspondant à plus de 140 milliards de “lettres” d’ADN, a permis de mettre en évidence la présence de plus d’une centaine de mutations différentes dans tous les échantillons. Mais, de façon surprenante, seulement un tiers d’entre elles étaient présentes dans chaque échantillon. En d’autres termes, il y a plus de différences que de similarités entre deux biopsies d’une même tumeur. Et cette observation vaut pareillement pour la comparaison entre un échantillon d’une région de la tumeur et un échantillon d’une métastase. Dans un éditorial accompagnant la publication de ces résultats, un auteur rappelle que « l’hétérogénéité tumorale n’est pas en soi une idée neuve ». Mais le degré de précision de l’étude britannique l’incite à en tirer cette conséquence d’un point de vue clinique : “une biopsie tumorale unique, c’est-à-dire la référence en matière de diagnostic des cancers et la pierre angulaire des décisions thérapeutiques en matière de médecine personnalisée, ne peut pas être considérée comme représentative du paysage des anomalies génomiques au sein d’une tumeur.” 

D’un point de vue fondamental, comment ces différences génomiques sont-elles apparues au cours du développement de la maladie ? De façon linéaire et cumulative, d’une région tumorale à l’autre ? Ou sont-elles le résultat d’une évolution indépendante entre différentes régions tumorales ? Comme le laissait supposer la théorie darwinienne, les chercheurs ont montré que la deuxième hypothèse est la bonne. En dessinant un arbre évolutif sur lequel ils ont placé les régions tumorales et les métastases, ils ont par exemple montré que l’une des régions, appelée R4, était l’ancêtre de trois métastases. Ils ont également observé un phénomène d’évolution convergente, c’est-à-dire l’apparition d’un même caractère (un gène muté) de façon indépendante dans deux régions, à l’instar des ailes dans deux lignées du règne animal, les chauves-souris et les oiseaux.

Les chercheurs ne se sont pas limités à l’analyse des mutations génétiques. Ils ont aussi étudié les profils d’activité des gènes au sein des divers échantillons. Dans le cancer du rein, des travaux antérieurs ont notamment identifié une “signature” qui, basée sur l’expression de 101 gènes, permet de définir si le pronostic de la maladie est favorable ou défavorable. La plupart des échantillons ont affiché une signature associée à un pronostic défavorable. En revanche, l’analyse de la région R4, ainsi que des métastases qui lui sont proches sur l’arbre évolutif, a révélé une signature associée à un pronostic favorable. Enfin, les chercheurs ont mesuré l’activité de protéines spécifiques dans tous les échantillons. Ils ont par exemple observé des différences significatives dans l’activité d’une protéine appelée mTOR, qui est associée à la réponse à un traitement prescrit dans le cancer du rein, l’évérolimus. Selon les auteurs, cette observation suggère qu’il “faudrait procéder à des analyses multirégionales pour prédire la réponse thérapeutique.

Menées initialement sur un seul patient, ces observations ont ensuite été confirmées sur trois autres patients également atteints d’un cancer métastatique du rein. Pour les auteurs, la mise en évidence d’une importante hétérogénéité intratumorale invite à tirer deux leçons principales.

La première concerne les travaux sur les biomarqueurs en oncologie. Dans la littérature scientifique et médicale, on trouve en effet de nombreuses études qui, menées sur un petit groupe de patients, identifient un biomarqueur associé au diagnostic ou au pronostic de la maladie. Mais, lorsque d’autres équipes tentent d’en répliquer les résultats, elles y parviennent rarement. Or, toutes ces études sont basées sur l’analyse d’un seul échantillon régional de la tumeur : si l’hétérogénéité intratumorale est la règle, la raison de leurs échecs fréquents s’explique probablement par un biais d’échantillonnage des tumeurs.

La deuxième leçon concerne le phénomène de résistance aux traitements, si souvent observé en clinique. Il s’expliquerait par la présence initiale, au sein de la tumeur et dans ses métastases, d’un réservoir diversifié de cellules dotées de caractéristiques génomiques leur conférant une capacité de résistance aux molécules thérapeutiques.

Sur le site de Cancer Research UK, l’auteur principal de ces travaux, le professeur Swanton, estime qu’il “reste encore beaucoup de travail” pour évaluer l’impact de ces observations, à la fois pour la compréhension de la biologie des tumeurs et pour la clinique.

En priorité, il s’agit de savoir si un degré d’hétérogénéité comparable est à l’œuvre dans les tumeurs se développant dans d’autres organes que le rein. Si, comme le soupçonne le professeur Swanton, tel est le cas, il s’agira alors de mettre en évidence, dans chaque type de cancer, les mutations majeures, celles qui sont présentes sur le “tronc” de l’arbre évolutif des régions tumorales, et d’identifier des thérapies ciblant les effets biologiques de ces mutations.

Pour le docteur James Larkin, le clinicien dont les patients ont fait don de leurs tumeurs pour cette étude, une observation s’avère déjà particulièrement pertinente pour les traitements personnalisés du cancer du rein qui, avec le mélanome, fait partie des cancers les plus résistants aux molécules thérapeutiques existantes: “si les modifications moléculaires alimentant la croissance tumorale ne sont pas les mêmes dans la tumeur primitive que dans les métastases, alors il faut réfléchir à nouveau aux molécules que nous utilisons.”

Pour en savoir plus :

[1] Il s’agit plus précisément du séquençage de l’exome, c’est-à-dire de la partie du génome constituée par les exons, les éléments des gènes qui sont exprimés pour synthétiser les protéines. Dans l’espèce humaine, l’exome représente environ 1,5% du génome intégral.


Le 12 juin 2013

49ème congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) - 31 mai au 4 juin 2013

Le dernier congrès international de l'ASCO (American Society of Clinical Oncology),le plus grand congrès au monde sur le cancer, s'est tenu à Chicago du 31 mai au 4 juin. Ce colloque international a réuni plus de 25 000 professionnels en oncologie issus de spécialités très diverses. Au thème de l'édition 2013 : "Construire des ponts pour vaincre le cancer" (building bridges to conquer cancer).

Les résumés des présentations concernant le cancer du rein sont visibles sur cette page.

Vidéo du Dr Escudier en direct de Chicago, le 4 juin 2013

asco2013-escudier par AssociationARTUR

Si aucune nouvelle révolutionnaire n’a été annoncée en matière de cancer du rein durant le congrès de l’Asco 2013, 2 grands messages sont à retenir :

- Une confirmation, avec la présentation de l'étude Record-3 attendue avec impatience par les spécialistes. Cette étude comparant 2 séquences de médicaments données dans les 2 ordres possibles a permis de confirmer qu'il est préférable de donner d'abord le Sutent (le sunitinib, un inhibiteur du VEGF) en première ligne, suivi de l'Afinitor (l'everolimus, un inhibiteur de mTRO) en 2ème ligne après échec plutôt que l'inverse. C'est justement ce qui est fait actuellement partout dans le monde et notamment en France.

- Une bonne nouvelle concernant les nouvelles immunothérapies à base d’anticorps anti PD-1 et anti PD-L1 qui permettent de « re-dynamiser » le système de défense de l’organisme face au cancer, avec la confirmation de leur intérêt pour le cancer du rein. Il a été montré, pour la première fois, tout l’intérêt de combiner 2 immunothérapies pour avoir plus de chances d'obtenir des régressions complètes et durables. Ces résultats ont été obtenus dans le mélanome, ils sont très encourageants pour ce cancer. Ces nouveaux traitements sont actuellement testés pour le cancer du rein et on peut espérer d'ici quelques mois avoir confirmation de l'efficacité de cette double immunothérapie pour ce type de cancer.

Mais bien évidement, il restera ensuite à démontrer que ces médicaments doivent être enregistrés pour le traitement du cancer du rein, c'est à dire autorisés par les autorités de santé pour être disponibles pour les malades atteints de cancer du rein. C'est une étape qui n'est pas simple car, parfois, malgré l'obtention de résultats encourageants, se pose le problème de l'enregistrement de ces médicaments par les autorités de santé. C'est ce qui se passe avec le tivozanib qui était très attendu par les malades et les professionnels, mais malheureusement les autorités de santé américaines (la FDA) ont décidé de ne pas accepter ce nouveau médicament pour le traitement du cancer du rein.

Mais le Dr Escudier espère que ces combinaisons d'immunothérapie seront confirmées et bientôt disponibles pour tous ceux qui en ont besoin.


Etude NutriNet Santé

Le 5 avril 2013

De nombreuses études scientifiques (chez des malades ou volontaires sains, au niveau des populations, ou sur des modèles animaux ou cellulaires) ont mis en évidence le rôle joué par la nutrition comme facteur de protection ou de risque des maladies les plus répandues en France, comme dans l’ensemble des pays industrialisés, qu’il s’agisse de certains cancers, des maladies cardiovasculaires, de l’obésité, du diabète de type 2, des dyslipidémies, de l'hypertension artérielle…

La nutrition n’est pas le seul déterminant de ces problèmes de santé. En effet, des facteurs génétiques, biologiques et environnementaux interviennent dans l’apparition de ces maladies. Pour mettre en évidence le rôle spécifique des facteurs nutritionnels, il est indispensable de développer les études de « cohorte » (groupe de sujets suivis pendant plusieurs années) portant sur de très grandes populations. Au travers de ce type d’étude, on peut ainsi mesurer de façon précise les apports alimentaires mais aussi prendre en compte les autres déterminants, tels que l’activité physique, le poids, le tabagisme, les antécédents familiaux… et regarder les liens avec la santé et le risque de maladies.

L’étude NutriNet-Santé, lancée le 11 mai 2009, est une étude réalisée par Internet visant à étudier les relations entre la nutrition, l’activité physique et la santé sur une cohorte de 500 000 personnes (les « Nutrinautes »). L'étude NutriNet-Santé s’est fixé comme objectif de recruter des internautes, les « Nutrinautes », acceptant de répondre chaque année, sur le site www.etude-nutrinet-sante.fr, à des questionnaires sur leur alimentation, sur leur activité physique, leurs poids et taille, leur état de santé et sur divers déterminants des comportements alimentaires.

Dans le cadre de leur suivi, les Nutrinautes reçoivent chaque mois un e-mail les informant de l’avancement de l’étude et les invitant à remplir d’éventuels questionnaires complémentaires utiles aux chercheurs pour mieux évaluer l’état nutritionnel et la santé des participants (20 minutes en moyenne par questionnaire). Des données sont régulièrement collectées sur la santé des participants.

L’objectif général de cette étude est de mieux évaluer les relations entre la nutrition et la santé et de comprendre les déterminants des comportements alimentaires. Il s’agit d’étudier, sur un large groupe de personnes vivant en France :

  • Les comportements alimentaires et leurs déterminants en fonction de l’âge, du sexe, des conditions socio-économiques, du lieu de résidence, etc.
  • Les relations entre les apports alimentaires, l’activité physique, l’état nutritionnel et la santé. Tous les grands problèmes de santé seront étudiés, entre autre l’obésité, l’hypertension artérielle, le diabète, les dyslipidémies, les maladies cardiovasculaires, les cancers, etc.

Le but de cette étude est d’identifier des facteurs de risque ou de protection liés à la nutrition pour ces maladies, étape indispensable pour établir des recommandations nutritionnelles permettant de prévenir le risque de maladies et d’améliorer la qualité de la santé de la population actuelle et des générations futures.

Cette grande aventure humaine et scientifique durera au moins 5 ans, pendant lesquels les Nutrinautes pourront intégrer l’étude et être suivis. Malades ou non, tout le monde peut participer, il faut juste :

  • être âgé d’au moins 18 ans
  • avoir accès à Internet et disposer d’une adresse mail individuelle.

Pour pouvoir atteindre l’ensemble de leurs objectifs, les chercheurs souhaitent suivre un maximum de sujets pendant 5 années.

A ce jour plus de 243 000 internautes se sont déjà inscrits mais les chercheurs rappellent qu’ils souhaitent, à terme, recruter 500 000 internautes qui acceptent de participer à cette grande aventure scientifique et humaine.

Il s’agit d’une recherche publique, sans aucun caractère commercial, financée par des fonds publics et par la Fondation pour la Recherche Médicale : étude coordonnée par l'Unité de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (U 557 Inserm/ U 1125 Inra / CNAM /Université Paris 13) et soutenue par le Ministère de la Santé et des Sports, l'InVS, l'Inpes, la Fondation pour la Recherche Médicale, l'Inserm, l'Inra, le Cnam et l'Université Paris 13.

Plus d'infos pratiques dans le mémo "NutriNet en bref".


Genitourinary Cancers Symposium 2013

Le 17 mars 2013

Comme chaque année, le congrès ASCO-GU (congrès américain consacré aux tumeurs génito-urinaires qui s'est tenu du 14 au 16 février 2013 à Orlando) nous a rapporté quelques données intéressantes. Voici quelques nouvelles :

Tumeurs du rein localisées :

  • La surveillance des petites tumeurs du rein est désormais validée, notamment chez les patients âgés. L’étude d’une cohorte américaine de plus de 8000 patients confirme que le risque de mortalité lié au cancer n’est pas aggravé par la surveillance, et de nombreuses tumeurs n’ont pas besoin d’être opérées car leur évolutivité est très lente. Cela justifie de toujours mettre en balance les risques d’une intervention et ceux d’une simple surveillance lorsqu’une petite tumeur (moins de 4 cms) est découverte.
  • Le recours au généticien est conseillé par l’équipe américaine de Bethesda, qui a la plus grande expérience des tumeurs génétiques, chez les patients de moins de 46 ans. En conséquence, il apparait légitime, avant cet âge, de consulter un généticien aguerri aux tumeurs du rein. La probabilité de découvrir un gène de prédisposition peut en effet aller jusqu’à 10%.

Tumeurs du rein métastatiques :

  • Le tivozanib est un nouveau médicament intéressant en première intention dans le cancer du rein. Ce médicament, actuellement soumis à enregistrement aux US et bientôt en Europe, a en effet une très bonne efficacité avec un profil de toxicité apparemment excellent. Ce médicament est actuellement en essai thérapeutique en France dans certains centres.
  • Une petite déception pour l’axitinib. Dans une étude le comparant au sorafenib (Nexavar), l’amélioration a été certes constatée, mais pas de façon statistiquement convaincante. Du coup, ce médicament (enregistré sous le nom Inlyta) est réservé aux échecs des traitements préalables par sunitinib (Sutent). L’augmentation de dose de l’axitinib a démontré un bénéfice pour augmenter la diminution des métastases. Son impact sur la survie globale reste cependant incertain.
  • Une mise à jour très encourageante sur les anticorps bloquant la voie PD1/PD L1. Ces anticorps ont démontré une réelle efficacité chez des patients porteurs de cancers du rein à un stade avancé. Les résultats de la phase 3 en cours dans de nombreux pays, comparant l’efficacité de ces anticorps avec les traitements classiques (actuellement l’everolimus ou Afinitor) en sont d’autant plus attendus…..

Du nouveau du côté de la recherche :

  • De nombreuses études en cours ont été présentées. Elles démontrent que l’étude de la génétique de la tumeur va permettre de mieux définir le pronostic des tumeurs, et de ce fait dans l’avenir d’aider aux choix thérapeutiques.
  • La métabolomique est une nouvelle approche qui s’intéresse à regarder les modifications des métabolites sécrétés par les tumeurs du rein. De nouvelles voies thérapeutiques possibles pourraient émerger de ces approches…. A suivre

Au total, encore un congrès plein d’espoir pour tous ceux atteints de cancer du rein ! Un petit pas de plus vers l’amélioration du pronostic, et qui sait vers la guérison.


Congrès ESMO du 28 septembre au 2 octobre 2012

Le dernier congrès de cancérologie de l'ESMO (European Society for Medical Oncology) s'est tenu du 28 septembre au 2 octobre 2012 à Vienne. Cette dernière édition a été très intéressante dans le domaine du cancer du rein.

L’étude la plus importante rapportée est l’étude COMPARZ, qui comparait, chez plus de 1000 patients, le suntinib (sutent) et le pazopanib (votrient). L’efficacité des deux médicaments est manifestement similaire, avec une meilleure tolérance du pazopanib, ce qui vient confirmer l’étude PISCES présentée au mois de juin 2012 à l’ASCO de Chicago. Il est désormais espéré que la France acceptera très vite de rembourser ce médicament. Cette étude a également confirmé les progrès des traitements dans le cancer du rein, puisque la survie globale moyenne ne cesse d’augmenter depuis 2006, date d’introduction des premiers « antiangiogéniques ».

La deuxième étude majeure présentée à l’ESMO a concerné la comparaison du sorafenib (nexavar) au temsirolimus (torisel), donnés en « deuxième ligne », après échec du sutent. Cette étude a montré une efficacité immédiate comparable, mais une survie globale supérieure pour les patients qui avaient reçu du nexavar, ce qui a soulevé des hypothèses intéressantes sur la meilleure manière d’utiliser les médicaments à disposition des oncologues.

Ce congrès a aussi confirmé que les associations d'inhibiteurs de mTOR (torisel et afinitor) avec le bevacizumab (avastin) n’apportaient pas de bénéfice, comme cela avait déjà été rapporté antérieurement par le groupe français. Les 2 larges études présentées ont, en effet, montré que l‘association interferon + bevacizumab restait un très bon traitement standard. De manière intéressante, une étude américaine, présentée quelques jours plus tard au congrès américain sur le cancer du rein à Chicago, a aussi montré que d’autres associations (nexavar + avastin ou nexavar + torisel) n’avaient pas d’intérêt particulier.

Enfin, à l’ESMO comme à Chicago, une mise à jour des données sur les anticorps antiPD1 a été faite. Cette voie d’avenir est désormais testée dans une grande étude internationale, après échec d’antiangiogéniques.

Voir sur le site de l'ESMO : New trial results on pazopanib have important implications for patients with advanced renal cell carcinoma


Feu vert européen pour l'axitinib

La Commission européenne a autorisé, le 3 septembre 2012, la mise sur le marché d'un nouveau médicament oral indiqué dans le cancer du rein métastatique.  

Il s'agit de l'INLYTA du laboratoire Pfizer. Ce feu vert s’appuie sur les données de l’essai de phase III AXIS. Ce nouveau médicament pourra être utilisé après échec d'un premier traitement par Sutent (sunitinib) ou par des cytokines (interferon ou interleukine).
Le principe actif d’INLYTA est l’axitinib. Comme le sunitinib (Sutent) et le sorafenib (Nexavar), il s'agit d'un inhibiteur des tyrosine kinases qui contribue à réduire la croissance et la propagation du cancer en coupant l’alimentation sanguine qui permet aux cellules cancéreuses de continuer leur croissance.

Ce nouveau médicament devrait être prochainement disponible en France.

Résumé du rapport européen public d'évaluation (EPAR) relatif à Inlyta ici.


48ème congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) - 1er au 5 juin 2012

Le congrès de l’ASCO, qui est le principal rendez-vous de la cancérologie mondiale au cours duquel sont partagés les résultats d’études cliniques sur les différents cancers, s'est tenu à Chicago du 1er au 5 juin 2012.

Les résumés des présentations qui concernent le cancer du rein sont visibles sur cette page.

Vidéo du Dr Escudier en direct de Chicago :

[Interview du Dr Escudier]

En direct de Chicago, le Dr Escudier, présent comme chaque année à l'ASCO, nous parle des actualités qui concernent le cancer du rein et elles sont nombreuses cette année.

Le Dr Bernard Escudier a présenté les résultats de l'étude PISCES qui s’est intéressée à la préférence des patients, en terme de qualité de vie, entre deux traitements du cancer du rein métastatique, le pazopanib (Votrient) et le sunitinib (le Sutent).

Les résultats sont très intéressants et impressionnants car ils rapportent une préférence de 70 % pour le pazopanib contre 22 % pour le sunitinib (8 % des patients n’ayant pas de préférence).

Ces résultats seront à mettre en parallèle avec ceux de l'étude COMPARZ qui vise à comparer plus exactement l'efficacité de ces deux molécules dans le cancer du rein métastatique et qui sera présentée prochainement à l'ESMO (la Société Européenne d'Oncologie Médicale). Patient preference between pazopanib (Paz) and sunitinib (Sun) : Results of a randomized double-blind, placebo-controlled, cross-over study in patients with metastatic renal cell carcinoma (mRCC) - PISCES study (Abstract n° CRA4502).

Il a également été question de l'axitinib. Les oncologues savaient déjà qu'il est efficace en 2ème ligne après un premier traitement. Une étude rapportée par Brian Rini a montré une survie sans progression très impressionnante qui dépasse 15 mois et des taux de réponse qui atteignent 50% pour un peu plus de 200 patients traités en 1ère ligne. Ces résultats doivent être confirmés dans des études de comparaison à venir mais ils sont très encourageants car l'axitinib pourrait devenir la future molécule utilisée en 1er ligne. Axitinib for first-line metastatic renal cell carcinoma (mRCC): Overall efficacy and pharmacokinetic (PK) analyses from a randomized phase II study (Abstract n°4503).

Quant au tivozanib (de la même famille que l'axitinib et le pazopanib), c'est son profil de toxicité qui semble intéressant car très peu d'effets secondaires sont notés en dehors de l'hypertension artérielle qui est un effet commun à ces médicaments. Dans l'étude présentée où il était comparé au Nexavar, la survie sans progression a dépassé 12 mois pour la première fois chez des patients qui n'avaient pas reçu de traitement. Le Docteur Escudier a souligné que les oncologues espèrent pouvoir bientôt l'utiliser en Europe et en France. Tivozanib versus sorafenib as initial targeted therapy for patients with advanced renal cell carcinoma: Results from a phase III randomized, open-label, multicenter trial (Abstract N° 4501).

Justement au sujet de la toxicité de ces traitements, une étude a rassuré les médecins quant à leur possible toxicité cardiaque. Il s'agit d'une grande étude américaine réalisée chez des patients qui n'avaient pas encore de métastases (en adjuvant) et où le Nexavar et le Sutent étaient comparés à un placebo. Les résultats de cette étude sont encourageants pour les traitements à long terme car il ne semble pas y avoir d'augmentation de la toxicité cardiaque à 6 mois. Cardiac safety analysis for a phase III trial of sunitinib (SU) or sorafenib (SO) or placebo (PLC) in patients (pts) with resected renal cell carcinoma (RCC) (Abstract N° 4500).

Les nouvelles immunothérapies : De nombreuses présentations ont concerné cette année la voie PD-1 et PD-L1 pour différents cancers, en particulier le mélanome, le cancer du poumon et le cancer du rein. Comme l'avait expliqué le Dr Escudier lors de la 6ème Rencontre Patients A.R.Tu.R., cette voie bloque le système immunitaire mais les chercheurs ont développé des anticorps qui vont se fixer à la place de PD-1 ou PDL-1 pour bloquer le système de frein et relancer le système immunitaire pour qu’il s’attaque aux cellules tumorales. Dans les études rapportées à l'ASCO, un peu plus de 33 patients atteints d'un cancer du rein ont reçu cette molécule. 30 à 35% des patients ont répondu à cette voie et avec des durées de réponses très longues et même après arrêt du traitement, il semble que ces patients restent en rémission. Donc de grands espoirs pour cette nouvelle voie de traitement, les oncologues espérant avoir rapidement cette molécule dans des essais de phase III pour les comparer aux traitements existants. Clinical activity and safety of anti-PD-1 (BMS-936558, MDX-1106) in patients with previously treated metastatic renal cell carcinoma (mRCC) (Abstract N°4505). Anti-PD-1 (BMS-936558, MDX-1106) in patients with advanced solid tumors: Clinical activity, safety, and a potential biomarker for response (Abstract N° CRA2509).

Parmi les nouvelles molécules prometteuses figure le cabozantinib, molécule qui bloque non seulement la voie du VEGF mais également la voie c-Met. Ce traitement semble donner des taux de réponse très impressionnants et surtout des durées de réponse très importantes, notamment chez les patients qui ont des métastases osseuses. Mais le Dr Escudier a précisé qu'il s'agissait, là encore, de résultats préliminaires à prendre avec précaution. Efficacy of cabozantinib (XL184) in patients (pts) with metastatic, refractory renal cell carcinoma (RCC) (Abstract N°4504).

Cette année encore, le congrès de l'ASCO a apporté beaucoup d'espoirs pour les oncologues, les malades et leurs familles.

Pour plus d'infos :

http://news.doctissimo.fr/Medicaments/Traitement-du-cancer-du-rein-comment-tenir-compte-de-la-preference-des-patients-27522

http://news.doctissimo.fr/Medicaments/Un-nouveau-medicament-reveille-nos-defenses-naturelles-contre-le-cancer-27524


13 mars 2012 - Extraction d'un rein par le vagin : une chirurgie moins invasive

Dans ce reportage, diffusé le 13 mars dans l'emission "Le magazine de la santé" sur France 5, le Dr Arnaud Mejean explique cette technique utilisée ici pour un prélèvement de rein chez un donneur vivant en vue d'une greffe.

A ce jour, seules 4 patientes en France ont bénéficié de cette technique.

http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-extraction-d-un-rein-par-le-vagin-une-chirurgie-moins-invasive-7962.asp?1=1#


Le 27 janvier 2012

La Food and Drug Administration (FDA, l'organisme qui a, entre autres, le mandat d'autoriser la commercialisation des médicaments sur le territoire des États-Unis) a approuvé le 27 janvier, l'axitinib (Inlyta de Pfizer, Inc) pour le traitement du carcinome rénal avancé après échec d'un traitement systémique préalable. Cette approbation est basée sur une étude internationale (l'essai randomisé de phase 3 Axis), montrant que l'axitinib augmente la survie sans progression de 2 mois, ce qui représente une amélioration de 43% de la survie moyenne par rapport au traitement standard par sorafénib (Nexavar).

Inlyta® (axitinib), est une thérapie par voie orale, inhibiteur de la kinase conçu pour inhiber sélectivement le facteur de croissance vasculaire endothéliale (VEGF) -récepteurs 1, 2 et 3, qui peuvent influencer la croissance tumorale, l'angiogenèse vasculaire et la progression du cancer.

Le communiqué de la FDA


Communiqué de presse, IGR, Villejuif, lundi 23 janvier 2012

Cancers du rein métastatiques : des rémissions complètes avec les thérapies ciblées, la question de l'arrêt du traitement

Une étude multicentrique et rétrospective, menée par les Drs Laurence Albiges et Bernard Escudier, cancérologues et spécialistes du cancer du rein et de l’immunothérapie à l’Institut de cancérologie Gustave Roussy (IGR) de Villejuif, s’est intéressée aux cas de rémissions complètes chez des patients atteints de cancer du rein métastatique et traités par thérapies ciblées seules, ou avec un traitement local. Les auteurs se sont surtout intéressés aux cas de rémissions complètes sous inhibiteurs de tyrosine kinase, une famille spécifique de thérapies ciblées (ici, sunitinib ou sorafenib).

Même s’ils sont rares, des cas de rémissions complètes sont observés chez ces patients (64 cas dans cette étude) et les cancérologues se posent maintenant la question de l’arrêt du traitement et de l’évolution ou non de la maladie après l’arrêt. L’étude montre que 61% des 28 patients ayant eu une rémission complète avec des inhibiteurs de tyrosine kinase seuls et ayant arrêté leur traitement, ont toujours une réponse complète après 255 jours de suivi médian et 48% des 25 patients ayant eu une rémission complète avec un traitement local et des inhibiteurs de tyrosine kinase et ayant arrêté leur traitement, ont toujours une réponse complète après 322 jours de suivi médian. Cette étude a été récemment publiée en ligne sur le site Internet de la revue scientifique Journal of Clinical Oncology. ...

http://www.igr.fr/index.php?p_m=igrinter&p_id=5136


Janvier 2012 - Une étude réalisée entre 1995 et 2006 vient de montrer qu'aux États-Unis, le nombre de cancer du rein diagnostiqué chez de jeunes malades est en augmentation (tranche d'âge entre 20 et 39 ans). L'âge moyen au diagnostic a diminué de 64,7 à 62,7 ans et la proportion de patients diagnostiqués avant l'âge de 65 ans a augmenté de 45,9% à 55,3%.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22088338


04/01/2012 - Le nombre de cancers baisse aux Etats-Unis mais les cancers du pancréas, du foie, de la thyroïde, du rein et de la peau sont en hausse sur les dix dernières années. Cette augmentation pourrait être due à l'obésité, mais également au fait qu'ils sont davantage recensés en raison de dépistages plus précoces (AFP).

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gb97IqK6WXuwCxIcxHG42ZdNMaQA?docId=CNG.ecb7583686915eaf5bf0188a2f93b0b9.9e1


20/10/2011- Découverte d'un gène de prédisposition commun au mélanome et au cancer du rein

Des chercheurs de l'Inserm et de l'Insitut de cancérologie Gustave Roussy de Villejuif (Val-de-Marne) ont mis en évidence une mutation génétique, baptisée "Mi-E318K", responsable d'une prédisposition commune au mélanome, un cancer de la peau, et au cancer du rein. Publiés dans la revue scientifique Nature, ces travaux montrent que les individus porteurs de cette mutation auraient plus de risque de développer ces deux types de cancer.

Alors qu'une précédente étude a montré la co-présence de mélanome et de cancer du rein chez plusieurs patients, les chercheurs de l'Inserm et de l'Institut Gustave Roussy ont estimé qu'un gène spécifique pouvait être impliqué dans ces deux types de cancer.
Après une nouvelle étude, les scientifiques ont mis en évidence une anomalie dans la séquence de l'ADN du gène spécifique en question. Cette particularité a ainsi été découverte chez près de 10% de patients souffrant à la fois d'un mélanome et d'un cancer du rein.
"L'anomalie, appelée Mi-E318K, quand elle est présente chez les individus, multiplie par cinq le risque de développer un mélanome, un cancer du rein ou les deux. (...) En clinique un test de dépistage pourrait être développé afin de rechercher cette mutation chez les personnes atteintes soit de mélanome, soit de cancer du rein. La mutation deviendrait un bio-marqueur de risque, qui, si elle est présente, indiquerait la nécessité d'une surveillance particulière au niveau du rein et de la peau", expliquent les principaux auteurs de l'étude.

http://sante-medecine.commentcamarche.net/news/113226-identification-d-un-gene-de-predisposition-commun-au-melanome-et-au-cancer-du-rein

Retrouvez  le communiqué de presse sur le site de l'IGR.


2011 Multidisciplinary European Cancer Congress - 23 au 27 septembre 2011

Le congrès européen de cancérologie multidisciplinaire 2011 s'est tenu à Stockholm du 23 au 27 septembre. Il a réuni 3 organisations : l’ECCO (The European CanCer Organisation), l’ESMO (European Society for Medical Oncology) et l’ESTRO (European Society of Therapeutic Radiology and Oncology), créant ainsi une occasion unique en Europe de discuter des différents aspects de la prise en charge du cancer, depuis les connaissances fondamentales jusqu’aux soins de support en passant par la recherche translationnelle et la thérapeutique. Avec seize mille participants de 120 pays, il représente le plus grand congrès en Europe sur le thème du cancer.

L'ECCO est une fédération de 24 associations membres, qui représente les intérêts de plus de 50 000 professionnels de l'oncologie et promeut la multidisciplinarité dans ce domaine. Par l’organisation de congrès elle unit et fédère la communauté des professionnels européens sur le thème du cancer en s'appuyant sur la diffusion des nouvelles connaissances ainsi qu’en insistant sur l’importance de l'éducation des praticiens aussi bien que de la nouvelle génération de médecins. Elle joue également un rôle important dans les débats et discussions avec les décideurs clés des institutions européennes, afin de promouvoir les intérêts des patients atteints de cancer, de la recherche ainsi que de toutes les autres professions formant «l’onco-communauté ».

Tout juste de retour de Stockholm, le Dr Bernard Escudier a fait le point pour ARTuR sur les dernières avancées concernant le cancer du rein.

Tout d'abord, il semblerait qu'il y ait confirmation de l'existence d'une prédisposition de chaque patient à pouvoir répondre plus ou moins bien à une drogue donnée.

Selon le Dr Escudier, c'est quelque chose de surprenant car les spécialistes pensaient jusqu'à maintenant que c'était la biologie de la tumeur qui était l'élément clé. C'est certainement un élément important mais, malgré cela, le patient lui-même serait manifestement porteur d'éléments qui permettent de prédire une certaine efficacité de telle ou telle drogue. Et il est également tout à fait possible que l'on puisse déterminer les patients qui auront plus de risques d'avoir des toxicités avec une molécule. Ces éléments, ce sont les SNPs (Single Nucleotide Polymorphism) ou polymorphismes de nucléotide unique, les nucléotides représentant l'unité de construction de l'ADN (support de l'information génétique). Il faut savoir que le séquençage du génome humain est à l'origine de la découverte de millions de variations de séquence dans le génome humain. Ces variations de séquence d'ADN sont dans leur immense majorité limitées à des SNPs. Ces variations sont associées à de la diversité entre populations ou individus, une différence de sensibilité à des maladies et la réponse individuelle aux médicaments.

Avec cette découverte, les scientifiques devront se poser la question de savoir comment analyser ensemble tous ces paramètres : les facteurs prédictifs cliniques, les facteurs prédictifs biologiques au niveau de la tumeur et au niveau du sang périphérique et donc ces éléments génotypiques constitutionnels (qui touchent toutes les cellules de l'individu, à l'inverse d'une anomalie acquise au cours de la vie), pour prédire l'efficacité ou la toxicité d'un traitement sur tel ou tel patient. Mais il faut d'abord, confirmer ces résultats qui sont pour le moment des résultats rétrospectifs. Si ces résultats sont confirmés, ce qui sera sans doute le cas selon le Dr Escudier (car ils se retrouvent pour différents types tumoraux et avec beaucoup d'agents), il faudra apprendre à commencer par « typer » les patients (analyser leurs SNPs) et ensuite les caractériser en fonction de la biologie de la tumeur et de leurs caractéristiques cliniques pour recevoir plutôt telle ou telle drogue.

En ce qui concerne les nouveaux traitements qui sont en développement pour le cancer du rein, le Dr Escudier rappelle qu'il y a déjà eu 6 médicaments approuvés en 6 ans, ce qui est très bien mais difficile à gérer pour les oncologues qui doivent choisir le bon traitement pour un patient donné. Un 7e, l'axitinib, devrait être approuvé prochainement aux Etats-Unis et en Europe. Et il y en a au moins actuellement 4 dans des essais en phase III, dont l'objectif est de conduire à l'enregistrement des molécules si les essais sont concluants. Les oncologues devront donc apprendre à gérer toute cette « richesse » de médicaments et surtout savoir comment les positionner les uns par rapport aux autres (c'est à dire, lequel choisir, dans quel ordre les donner), ou éventuellement les combiner ensemble à un moment donné. C'est tout l'objet d'une recherche clinique importante et attentive.

Ces essais concernent, à la fois des inhibiteurs de tyrosine kinase (les anti-angiogéniques) avec des médicaments de nouvelle génération peut-être plus actifs et un peu moins toxiques. Ils pourront être prescrits alternativement, ou en combinaison de nouvelles molécules. Et c'est justement ce qui est intéressant, car les résultats d'études de nouvelles voies thérapeutiques commencent à aboutir. C'est le cas avec l'apparition de nouvelles immunothérapies, des immunothérapies ciblées, donc différentes de celles, sans sélectivité, qui étaient utilisées initialement pour le cancer du rein. Ces molécules vont cibler des signaux particuliers qui empêchent la cellule du système immunitaire de réagir (et donc de « détruire » la cellule cancéreuse) et essayer de les stopper pour que la cellule immunologique puisse faire son travail. A côté, il y a également de nouvelles voies thérapeutiques proches des tyrosines kinase. Elles sont un peu différentes mais semblent être complémentaires. C'est le cas de molécules capables de lutter contre des phénomènes qui apparaissent lorsque les cellules tumorales deviennent résistantes aux anti-angiogéniques. Il sera possible de les prescrire après et peut- être en combinaison avec les anti-angiogéniques pour une meilleure efficacité.

Ces résultats sont donc énormément porteurs d'espoir pour les spécialistes pour continuer à progresser dans le traitement du cancer du rein, pour lequel ces dernières années, la survie globale a été presque triplée, les oncologues espérant surtout arriver à guérir plus de patients métastatiques.


47ème congrès de l'ASCO - 3 au 7 juin 2011

Le 47ème congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), principal rendez-vous de la communauté internationale de cancérologues, s'est tenu à Chicago du 3 au 7 juin 2011. C'était l’occasion pour 30 000 spécialistes du cancer de se retrouver et d’échanger autour de 4 000 travaux scientifiques.

Comme chaque année, le Dr Escudier, président d'ARTuR, était présent à Chicago pour présenter des travaux de recherche et rencontrer les spécialistes mondiaux qui travaillent sur le cancer du rein et pouvoir ensuite nous faire part des actualités et avancées que tous ceux qui luttent contre le cancer du rein, ainsi que leurs proches, attendent.

Dans cette vidéo réalisée en direct de Chicago, il nous explique comment se déroule cette « messe » de la cancérologie et nous dévoile ce qu'il faut retenir cette année concernant le cancer du rein.

Vous pouvez retrouver sur cette page les résumés (en anglais) des 115 présentations orales, posters ou publications consacrées au cancer du rein cette année.

Pour le 40ème anniversaire de la signature du National Cancer Act, la loi qui avait conduit à des investissements importants dans la recherche contre le cancer aux États-Unis, l’ASCO a souhaité construire la réunion sur le thème « patients, pathways, progress ». En lisant le mot que le Dr George W. Sledge, président de l'ASCO, a adressé cette année aux participants, on mesure la place tenue par les patients dans les esprits des médecins-chercheurs présents cette année :

"Patients" : Prendre soin de patients est l'aspect le plus gratifiant du métier d'oncologue. Il est primordial qu'entre le patient et son oncologue s'établisse une relation basée sur la compassion et l'honnêteté. Et ce sont justement ces valeurs qui dirigent l'ASCO.

"Pathways" : Ce terme fait référence aux voies moléculaires impliquées dans le développement et la progression du cancer, aux différentes voies utilisées pour traiter le cancer, mais aussi au chemin parcouru par le patient dans son combat contre la maladie. Une meilleure compréhension de ces différentes voies conduira à de nouvelles perspectives thérapeutiques apportées par les thérapies ciblées et permettant de proposer un traitement personnalisé.

"Progress" : Il est nécessaire de donner les moyens à la recherche d'accélérer les progrès accomplis ces dernières années dans la lutte contre les cancers afin que les oncologues soient en mesure de proposer aux patients des traitements efficaces ayant le moins d'effets secondaires possibles.


2ème Rencontre annuelle de l'INCa (Institut National du Cancer) - 24 novembre 2010

La deuxième édition des rencontres annuelles de l'INCa s'est déroulée le 24 novembre à la Cité des sciences et de l'industrie de Paris en présence de près de 900 participants. Cette journée d'échanges et de rencontres s'est organisée autour du « Plan cancer 2009-2013 en mouvement ».

Liens vers les vidéos et résumés de cette journée sur le site de l'Institut National du Cancer (INCa) :

  • Les inégalités face au cancer
  • Prévenir l’apparition des cancers en 2010
  • Progresser dans l’accès à des soins innovants et personnalisés

Les premières rencontres annuelles de l'Institut National du Cancer, qui ont eu lieu le 7 octobre 2009 à Paris avaient permis la tenue de débats autour des grands enjeux du futur Plan Cancer 2009-2013.

Il est toujours possible de retrouver les comptes-rendus de cette journée sur cette page.


VIIème Forum scientifique, l’UNESCO - 9 novembre 2010

Le 9 novembre 2010, à l’occasion de son VIIe Forum scientifique, l’UNESCO à réuni, sous le haut patronage du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, 8 éminents spécialistes en oncologie.

Cette conférence, en partenariat avec l’INCa (Institut National du Cancer) et la Ligue nationale contre le cancer, et avec la participation de Roche et de la Mutualité Française, avait pour objectif de permettre au grand public de mieux comprendre et appréhender les différents comportements pour prévenir les risques de cancers et de rechute.

Programme complet :
http://www.longevitv.com/templates/default/inscription_forum/fr/CommuniquiForumV2.pdf

Les vidéos de cette journée sont maintenant disponibles sur le site LongeviTV


Congrès annuel de l'ASCO - 4 au 8 juin 2010

Plus de 30000 cancérologues et représentants de firmes pharmaceutiques de nombreux pays ont participé au 46ème congrès de l’American Society of Clinical Oncology (Asco) le plus important congrès international de cancérologie qui s'est tenu du 4 au 8 juin 2010 à Chicago. Parmi les 4000 travaux de recherche qui ont été présentés sous forme de présentations orales, posters ou publications environ 120 étaient consacrés au cancer du rein. Il n'y a pas eu d'innovation dans la prise en charge du cancer du rein présentée cette année mais ces travaux de recherche ont permis d'exposer des résultats d'évaluation de traitements déjà utilisés ainsi que de nouvelles substances (les résumés des études consacrées au cancer du rein sont disponibles sur le site de l'ASCO.

Le Dr Bernard Escudier, cancérologue à l’Institut de cancérologie Gustave Roussy (IGR, Villejuif) et président co-fondateur de l'association ARTuR, a présenté le 8 juin les résultats de l'étude TORAVA. Cette étude de phase II avait pour but d'évaluer l’efficacité de l’association de deux thérapies ciblées, le temsirolimus et le bévacizumab, chez des patients atteints de cancer du rein métastatique. Malheureusement cette étude montre que la toxicité de la combinaison de ces deux thérapies ciblées est plus élevée que prévu, sans synergie ou efficacité supplémentaire (Voir le communiqué de presse de l'IGR).

Ce congrès a également conforté l'idée que le pazopanib (Votrient), un inhibiteur de VEGF, est un traitement promis à un bel avenir puisque son efficacité semble similaire à celle des principaux inhibiteurs de tyrosine kinase. Il est disponible aux États-Unis dans le traitement du carcinome rénal avancé depuis qu'il a été approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) américaine en octobre 2009 et devrait prochainement arriver sur le marché européen, l’approbation ayant été donnée par l'Agence Européenne des Médicaments (EMEA) le 14 juin 2010. Son efficacité et sa tolérance doivent encore être évaluées et une étude visant à connaître les préférences des patients entre le sunitinib et le pazopanib est en cours.

A côté des publications concernant les thérapies ciblées il a également été à nouveau question de l'utilisation de l'interleukine (IL-2) à hautes doses car ce traitement utilisé depuis presque 20 ans dans le traitement du cancer du rein métastatique a permis d’obtenir des rémissions complètes durables. Malheureusement les dernières études ne confirment son efficacité que sur un nombre très réduit de patients sélectionnés et au prix d'effets secondaires lourds (dont quelques décès) nécessitant une hospitalisation. Il n'est d'ailleurs actuellement pas disponible en France.

Les résultats concernant une étude visant à évaluer avec plus de précision les risques de récidive après la chirurgie ont également été révélés par Brian I Rini. Cette étude a démontré une forte corrélation entre l'expression de certains gènes et le risque de récurrence dans le cas du carcinome rénal à cellules claires. Ces résultats pourraient conduire à l'élaboration d'un test qui permettrait d'aider à l'identification ultérieure de patients présentant un risque de récidive et devant donc bénéficier d'un traitement à un stade précoce.

Ce congrès a également donné l'occasion au Groupe Français d’Immunothérapie de présenter sous forme de poster une analyse de 65 cas de rémissions complètes observées dans différents centres spécialisés en France après un traitement anti-angiogénique seul (Sunitinib ou sorafenib) pour 39 patients ou en association avec un traitement local (chirurgie ou radiothérapie). Il semblerait qu'il soit possible d'arrêter le traitement une fois la rémission installée.

La possibilité d'interrompre le traitement après une stabilisation ou une rémission semble faire l'unanimité lors de ce dernier congrès. Ceci devra bien sûr être confirmé tandis que de nombreuses questions se posent toujours quant à l'utilisation optimale des traitements disponibles dans le cancer du rein, que ce soit seuls ou en association avec d'autres thérapies, en séquentiel, en situation métastatique ou en traitement adjuvant. Les nombreuses études en cours ainsi que la recherche de marqueurs fiables permettant de personnaliser les traitements devraient permettre de répondre à ces questions.

D'une façon générale ce congrès confirme que les thérapies ciblées font maintenant partie de l'arsenal thérapeutique quotidien et que le cancer du rein devient une maladie chronique avec des traitements de maintenance qui permettent de prolonger l'espérance de vie et d'améliorer la qualité de vie.

Dernière mise à jour : 21 octobre 2015.

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