Selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), le terme général de « cancer » s’applique à un grand groupe de maladies pouvant toucher n’importe quelle partie de l’organisme. L'une de ses caractéristiques est la prolifération rapide de cellules anormales qui peuvent essaimer dans d'autres organes, formant ce qu'on appelle des métastases. On parle aussi de tumeurs malignes ou de néoplasmes.

LE CANCER :

Le cancer est une maladie ayant pour cause une multiplication anarchique de certaines cellules normales de l’organisme, liée à un échappement aux mécanismes de régulation qui assurent le développement harmonieux de l'organisme.

En se multipliant de façon anarchique, les cellules donnent naissance à des tumeurs de plus en plus grosses qui se développent en envahissant le tissu normal avoisinnant. Les tumeurs possèdent un potentiel évolutif différent selon qu'elles sont bénignes ou malignes (cancéreuses). Les cellules cancéreuses peuvent essaimer à distance d'un organe pour former une nouvelle tumeur appelée métastase, ou circuler sous forme libre.

On distingue 3 stades dans la survenue d’un cancer :

  • Le stade localisé, où la tumeur reste à l’intérieur de l’organe d’origine. La tumeur primitive (ou cancer primitif) est la tumeur d'origine qui se développe dans le corps.

  • Le stade localement avancé, où la tumeur franchit l’enveloppe de cet organe pour envahir les organes de voisinage.

  • Le stade de métastases, où des tumeurs se développent au sein d’autres organes.

Chaque métastase est issue de la tumeur d’origine et garde les caractéristiques de cet organe. Les cellules cancéreuses qui forment la métastase sont les mêmes que celles de la tumeur primitive. Ainsi, par exemple, des métastases pulmonaires seront très différentes selon qu’elles proviennent d’un cancer du rein, de la prostate ou du colon, justifiant des traitements potentiellement très différents.

L'ANGIOGENÈSE :

Les cellules cancéreuses ont la capacité de détourner à leur profit des processus associés au fonctionnement normal de l'organisme, leur permettant ainsi de se développer et d'envahir les tissus normaux. Ainsi, pour croître, une tumeur a besoin d'un apport constant en sang et en nutriments. Pour cela, à partir d'une certaine taille (1 ou 2 mm), la tumeur doit développer de nouveaux vaisseaux sanguins (néovascularisation).

L'angiogenèse est un mécanisme de néovascularisation prenant naissance à partir d'un réseau capillaire préexistant. Cette dernière se produit aussi bien au cours du développement qu'au cours de l'âge adulte dans des circonstances physiologiques, telles que l'adaptation à l'exercice musculaire mais aussi lors de pathologies comme les cancers. Les tumeurs ont cette capacité de stimuler la formation de nouveaux vaisseaux sanguins essentiels à la croissance tumorale et au développement des métastases.

Le cancer du rein est caractérisé par une forte densité tumorale de microvaisseaux et des taux élevés de VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor). Il s'agit d'un facteur de croissance vasculaire endothélial (c'est-à-dire des vaisseaux sanguins) qui est un élément clé de la formation embryonnaire des premiers vaisseaux sanguins (vasculogenèse) et de l’angiogenèse. Le cancer du rein métastatique représente un très bon exemple d’angiogenèse tumorale. La compréhension de la biologie des cancers du rein a permis d’identifier les protéines et les voies responsables de l’angiogenèse tumorale et le développement d'une nouvelle catégorie de médicaments, les anti-angiogéniques (voir la page "Les thérapeutiques ciblées").

GÉNÉTIQUE ET CANCER :

D’un point de vue biologique, le cancer est la conséquence d'une accumulation d'altérations du génome (ensemble des informations contenues par les gènes d’une cellule) d'un individu. Les cellules cancéreuses résultent d'une succession de mutations de l'ADN présent dans leur noyau ce qui perturbe l’équilibre entre stimulation et inhibition de la prolifération cellulaire. Ces altérations génétiques amènent les cellules cancéreuses à développer des caractéristiques qui leur sont propres. Parmi celles-ci, on peut citer l'immortalisation, l’échappement à la mort cellulaire programmée, le recrutement de facteurs angiogéniques, l'infiltration des vaisseaux sanguins permettant une dissémination dans l'organisme et la formation des métastases à distance. Ces caractéristiques servent toutes un même "but" : la multiplication anarchique des cellules et l'invasion d'autres tissus.

Le cancer est donc une maladie génétique au sens "moléculaire" du terme.

  • Dans la majorité des cas, ces altérations génétiques sont acquises, c’est-à-dire qu'elles se développent après la naissance et sont restreintes aux cellules de la tumeur. Il s'agit de mutations somatiques : elles peuvent concerner toutes les cellules du corps mais n'affectent pas les cellules reproductrices, germinales (à l'origine des gamètes). On parle alors de cancer sporadique. Ces altérations acquises peuvent être le résultat d'une erreur dans la division des cellules ou de l'exposition à des substances cancérogènes comme celles qui se trouvent dans le tabac. Ce type de mutation disparaît avec l'individu porteur.
  • Mais ces altérations peuvent plus rarement être congénitales, c’est-à-dire, transmises à la naissance par hérédité. Dans ces cas, l'anomalie est présente dans les gamètes, elle est dite germinale et peut donc être transmise à la descendance.
    • Dans de très rares cas, ces cancers sont véritablement héréditaires. La transmission des cancers héréditaires vrais se fait généralement sur le mode autosomique dominant (la mutation concerne un chromosome non sexuel (autosome) et la présence d'une seule version mutée du gène en cause est suffisante pour que la maladie s'exprime). C'est le cas de la maladie de Von Hippel-Lindau qui est due à des mutations du gène VHL : les personnes atteintes ont alors un risque accru de cancers du rein et de différentes tumeurs.
    • Chez certaines familles, on remarque un nombre plus élevé de cancers que la normale. Ces formes familiales de cancers peuvent faire soupçonner ou faire découvrir un rôle génétique. Dans ces familles, il existe un risque élevé de survenue de cancers fréquents comme les cancers du côlon, du sein, de l’ovaire, ou encore du rein, comme par exemple dans la forme familiale de cancer du rein papillaire associée à une mutation du gène MET (voir la page "Épidémiologie du cancer du rein").

Pour en savoir plus :

Dernière mise à jour : 10 octobre 2012

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