J’ai 49 ans.
A cause de douleurs abdominales persistantes, que je prenais depuis quelques mois pour des colites, mon médecin traitant m’a proposé de faire une échographie qui a révélé une grosseur sur mon rein droit. Orientée vers un urologue, celui-ci m’a conseillé de faire un scanner avant d’aller en consultation.
J’ai donc passé un scanner en février 2009. J’attendais le résultat pour le montrer à l’urologue le lendemain. Le radiologue est sorti et m’a appelée dans la salle d’attente. Il a confirmé la grosseur, m’a dit que c’était énorme. Ensuite, ce fut la dégringolade, il a continué en me disant qu’il fallait qu’on m’enlève un rein et il suspectait un cancer là dessous…
Le sol de la salle d’attente a vacillé. J’étais seule et J’ai cherché un regard parmi les patients. J’étais complètement sidérée. Rentrée chez moi, j’ai pleuré énormément.
Deux jours après, l’urologue m’apprend qu’il faut opérer au plus tôt. Les douleurs deviennent lancinantes et me réveillent la nuit. Je suis admise en urgence un samedi matin et hospitalisée. L’intervention a lieu le 3 mars 2009. Le chirurgien a pratiqué une néphrectomie Droite élargie. Le résultat de l’anapath est sans appel, mais le chirurgien me dit que je suis tirée d’affaire.
Premier scanner de contrôle en septembre 2009 où on aperçoit une petite boule de 3 cm derrière la zone opératoire. L’urologue m’envoie passer un PET SCAN dont le résultat m’enverra tout droit à l’Institut Paoli Calmettes.
C’est là que j’ai réellement réalisé ce qui se passait. La cancérologue m’annonce la présence de cellules cancéreuses claires dans la zone opératoire. Je m’effondre complètement après un moment de doute. Elle m’a dit que ce que je venais d’apprendre était insupportable, mais que ce dont je souffrais se soignait.
J’ai mis deux jours pour encaisser le coup. Puis, je ne sais pas pourquoi, je suis entrée dans un état d’euphorie inexplicable qui depuis ne me quitte plus. Je me dis que c’est peut être ça avoir le moral.
Il y a eu en quelque sorte deux annonces. La première par le radiologue je veux l’oublier. Il n’a pas été très dégourdi, ni très psychologue. Je ne retiendrais que la consultation avec mon médecin de l’IPC. Elle a su trouver les mots pour que je relève la tête. Pas question de baisser les bras. "Ca se soigne". Je suis sûre qu’il y aura toujours une réponse thérapeutique à chaque fois qu’une métastase apparaitra. Vos témoignages m’en donnent la confirmation.
A partir de maintenant, je vis au jour le jour et je fais ce qui me procure du bonheur.