Plusieurs mois ont passé… J’ai changé de travail. Cela a été très dur pour moi de quitter ce petit univers que j’occupais depuis 18 ans.
Le comportement détestable de la responsable du service m’a obligée à faire appel aux syndicats. Le délégué a confirmé que j’étais victime de harcèlement moral. Elle ne m’adressait plus la parole, cherchait toute sorte d’erreurs que j’aurais pu faire. Un travail qu’elle jugeait de qualité quelques mois auparavant devenait à ses yeux minable. Elle refuasiat de travailler avec moi. Puis elle a essayé de me refuser une formation obligatoire. Et c’est là que tout a basculé vraiment. J’ai dû aller me former auprès d’autres collègues et la responsbale m’a fait comprendre que j’allais me promener alors qu’il y avait du travail dans le service. Travail qu’elle me m’interdisait d’effectuer.
J’étais très mal en point et j’allais travailler avec une énorme boule dans le ventre. J’ai passé mon scanner de contrôle et là, les clichés montraient qu’un ganglion avait poussé (2,7 mm). Mon médecin a augmenté le Sutent à 50. Mais cela n’a pas suffit à stopper l’avancée de la maladie. On a changé mon traitement. Je suis désormais sous Afinitor .
Sur les conseils de mon syndicat, je me suis mise en maladie tout en demandant une mobilité dans un autre service.
Ces cinq mois m’ont permis de me ressourcer et de me relever. J’ai eu le poste que je souhaitais. La Directrice sait que je suis malade, mais elle m’a fait confiance. Aujourd’hui, j’ai de nouveaux collègues de travail. Un nouveau travail pas facile, mais enfin je travaille. Et je vais de meiux en mieux moralement. Je dors mieux même si je pense souvent à mes anciennes collègues. Elles m’appelent et me voient souvent, on déjeune ensemble… même si elles me parlent de mon ancien service où rien n’a changé au niveau hiérarchique, cela ne me touche plus.
Mon médecin et ma psychologue m’ont dit de penser à moi. De faire ce qui me plait. Maintenant que le travail est passé au second plan, je peux profiter un peu plus des amis, ceux qui sont toujours là depuis le début de mes galères.
Je me suis accrochée. Il y a toujours une solution. J’ai escaladé un petit Everest et ça m’a fait du bien.