Bonjour Marie-Ida,
Je comprends ton désarroi. Tu es engagée dans tant de luttes simultanées. Je ne connais pas votre vie de famille, de couple. Mais il me semble que tu portes un peu trop de choses.
Je vais me permettre d’être un peu « brutal » dans mes propos, mais je sais que tu comprendras où je veux en venir. Est-ce vraiment à toi de porter ton mari ? De le traîner vers les médecins ?
S’il est dans le déni, il vaudrait mieux le laisser faire son chemin lui-même. Si au pire sa décision était de ne pas se soigner, après tout pourquoi pas ?
Tu sembles forte, mais personne n’est invulnérable et pour ta fille, pour toi, il serait peut-être temps de mettre ton mari devant ses responsabilités. Je ne le connais certes pas, mais amener une personne à s’assumer elle-même n’est jamais un mal. Il faudrait toutefois qu’il soit aidé par un professionnel, car ce n’est ni ton rôle ni dans tes moyens psychologiques d’épouse de l’aider profondément. Cela ne l’amène qu’à se reposer sur toi toujours plus.
Je me permets ces mots car tes propos montrent que tu es à bout. Cette maladie est épuisante pour tous, malades et proches. Te mettre en risque de « craquer » n’apportera rien à ta famille et au vu de ce que je lis de toi, ne ferait que te rajouter une couche de culpabilité après coup. Tu dois donc trouver un moyen de lâcher du lest, de penser un peu à toi. Et je suis persuadé qu’ainsi ton mari serait forcé de voir la situation plus en face.
As-tu pensé à un psychologue de couple, qui vous permettrait d’échanger dans un cadre neutre et facilité ?
De manière très matérielle, tu t’étonnes que l’on n’ait pas suivi le tension de ton mari. Personnellement je le fais moi-même en prenant ma tension et en notant sur un carnet que je présente aux médecins. Cela fait partie de ma manière d’être qui veut que je sois acteur de mon traitement, mais c’est très simple à mettre en place pour tous. Un appareil adapté coûte quelques dizaines d’euro.
N’hésite pas à continuer à confier tes angoisses et colères. Nous sommes tous là pour nous soutenir et entraider autant que nous le pouvons. Mais je le répère : pense à toi !!!
Amitiés
Renaud