Bonjour à tous, à toi Laurent,
Quoi dire… vos paroles sont tellement justes.
En fait, moi je ne suis que l’accompagnante… un drôle de rôle, celui de ne pas être le malade mais d’être au centre malgré tout de cette terrible maladie.
Je me rends compte en vous lisant que la grande différence entre nos histoires semble être là. Mon mari n’est jamais seul dans ces moments délicats et il ne s’occupe de rien lié à la maladie, ni d’aller chercher la chimio à la pharmacie, ni de la paperasse, ni d’informer les gens sauf s’il le souhaite.
Mon mari, prend soin de lui, je m’occupe du reste en grande partie.
Dès le départ, face à cet électrochoc, je me suis chargée de tout ce qui était à ma portée simplement parce que tout ceci le perturbe, l’emmerde désolée pour le terme mais c’est ça en fait. Lui il veut oublier la maladie.
Le médecin lui demande aussi à chaque fois comment il va mais finalement en 2 secondes il se tourne vers moi et m’interroge. Ca devient presque un jeu. Lui minimise, moi je suis plus objective. Mais la grande chance de mon mari c’est qu’il n’a jamais eu d’effets secondaires du traitement. Il a eu des douleurs chroniques post-opératoires qui sont passées suite à un rendez-vous avec un physio un peu chaman je dois bien l’admettre mais vu qu’il était sous tramadol et que la douleur a définitivement disparu en une séance, on ne s’est surtout pas posé d’autres questions. Il a arrêté le tramadol et depuis plus d’effets secondaires, ni douleurs.
On voit toujours les radiologues ou son médecin à deux car on s’est aperçu qu’on n’entend pas les mêmes choses. En même temps, mieux vaut être sourd parfois :-). Moi j’ai évidemment plus de recul et quand un truc me semble bizarre, je demande à voir le radiologue en privé.
Une fois un radiologue lui a dit, je suis désolée votre cancer du pancréas redémarre. Mon mari a hôché la tête et moi je lui ai dit mon mari n’a pas un cancer du pancréas c’est un cancer du rein avec une ablation partiel de la queue du pancréas qui a créé une collection suite post-opératoire. Et là il a dit évidemment ça change tout 🙁 franchement hallucinant…
Il dit souvent qu’il est encore là grâce à moi… je ne dirais pas ça mais ce qui est certain c’est que je suis une soupape qui lui permet de prendre du recul.
Avancer à deux dans cette maladie est un atout si la personne qui vous accompagne est solide. Je ne sais pas si vous pouvez trouver dans votre vie une personne suffisamment proche et digne de confiance pour vous épauler dans ces fichus examens de contrôle qui nous torpillent les trippes mais vivre à deux ces moments, être soutenue c’est je pense plus facile.
Et puis nous on a un rituel, on se fait un bon repas après et on essaie de sourire, ou pas d’ailleurs.
Courage à vous, vous êtes tous des Warrior, et même pour un Warrior ces moments sont difficiles.
Karine