Tu es un malade en forme comme mon mari et c’est déjà ça, vraiment c’est un atout majeur qu’il faut savourer et positiver, surtout que tu as été opéré très récemment.
Dans la lecture des examens il y a comme bien souvent, du bon et du moins bon.Ce sont des moments extrêmement stressants. Il faut s’efforcer de toujours voir le verre à moitié plein. Donc garde bon moral, c’est important.
Tu as raison mon mari est un extraterrestre. Il y a un an pourtant tout le monde lui donnait peu de temps tant il paraissait mourant. Il était si diminué. Mais ses forces sont son mental et son non-renoncement.
C’est pour cette raison que même si ses périodes sont éprouvantes, il ne faut rien lâcher.
Au démarrage de son traitement j’ai dit à mon mari que le traitement allait très bien se passer qu’il était fait pour lui, qu’il était l’homme de la situation pour lui 🙂 tu vois le genre.. positiver, y croire, se convaincre. Après un problème après l’autre.
Son oncologue et le professeur Escudier, lui ont conseillé de continuer le sport tant qu’il le pouvait parce que la masse musculaire est importante. Donc même si ce n’est pas facile, il faut se mettre un coup de pied dans les fesses pour reprendre une activité dès que le corps est apte, doucement à son rythme. Vraiment je t’encourage et puis ça apporte du plaisir, de la combattivité et de la fierté.
Certes mon mari ne fait pas les mêmes performances qu’avant mais on s’en fout, et puis tu vois hier il m’a appelé et là je me suis dis qu’il avait appris qq chose par rapport au non-renoncement. Il est en Provence et là-bas à part des montées, il n’y a rien. Après un premier jour à 90km, il voulait faire plus tranquille mais à 60km ils se sont trompés de chemin ça ne faisait que monter et il n’en pouvait plus. Alors après 1h de marche à pousser son vélo, il a arrêté un taxi qui passait par chance par là et il est rentré à l’hôtel en taxi, laissant son pote finir le parcours.
Ca c’est nouveau et c’est bien. Ceci dit quand il a expliqué au taxi pendant la course de 45min qui le menait à l’hôtel qu’il avait un cancer en stade 4, sous chimio, le gars a rigolé, il lui a dit qu’il transportait souvent des malades mais jamais qu’il les ramaissait sur la route en vélo 🙂
En fait on peut sourire de tout, ça met du temps. Il n’est plus celui de N-1, il est un autre homme qui a décidé que même s’il lui restait 1 min, il en ferait quelque chose de positif.
Donc aujourd’hui, tu vas commencer ton traitement qui est fait pour toi. Et parce que tu es jeune, parce que tu es un gars en forme, tu vas bien le supporter et surtout, il va être efficace. Et là, tu vas continuer à bien t’entourer, à profiter du soleil et la vie.
Je t’embrasse, très amicalement. Karine