Bonjour Marguerite,
Je suis désolé de ne pas avoir répondu à ta question.
Comment mon cancer peut m.apporter du positif ?
En réalité j’ai plusieurs fois répondu à cette question sur le forum.
Je ne parle bien sûr que de ma propre expérience je ne veux en aucun cas la généraliser.
L’épée de Damoclès au dessus de la tête, nous l’avons tous, depuis notre naissance.
Nous sommes tous nés en sachant que nous allons mourir un jour.
J’ai dans mes proches une personne qui était navrée de ce qui m’arrivait.
Pourquoi moi, pourquoi si tôt … ?
Cette personne nous a quitté entre temps et moi je suis toujours là.
Mon cancer a été diagnostiqué il y a bientôt 4 ans.
Depuis 4 ans, je mets de l’ordre dans ma vie.
J’ai appris à me focaliser sur les choses et les gens importants pour moi.
J’ai appris à apprécier les grands, mais surtout les nombreux petits bonheurs de la vie qui s’offrent à moi.
J’ai beaucoup voyagé, j’ai fait des choses que j’avais envie de faire depuis longtemps mais que je n’avais pas le temps de faire. Je fais de la généalogie familiale, j’ai appris à faire des montages vidéo avec tous les films et photos qui se sont accumulées dans ma vie. Je partage cela avec grand bonheur avec mes enfants et mes proche, je lis beaucoup, je fais de la méditation…
J’ai dit à ceux que j’aimais que je les aimais.
Si je n’avais pas eu mon cancer, j’aurais continué à travailler à m’en user la santé, à subir le stress professionnel, les déplacements quotidiens en France et à l’étranger, à travailler seul le soir dans une chambre d’hôtel, à dîner seul dans le restaurant de l’hôtel… J’aurais continué à partir de chez moi le lundi matin pour rentrer le vendredi soir.
J’aurais continué à passer un tout petit WE à me partager entre mes obligations (bricolage, jardinage…), ma femme, mes enfants, mes amis en oubliant toujours mes envies personnelles par manque de temps.
Je pense donc que j’ai eu une une grande chance, grâce à cette maladie, de prendre conscience qu’il faut vivre l’instant présent, qu’il faut vivre au mieux chaque journée qui m’est offerte.
Le pire pour moi aurait été de mourir subitement d’une crise cardiaque, d’un accident de la route… sans avoir pu faire ce que je fais depuis 4 ans.
Il y a bien sûr aussi des périodes de souffrance physique et morale, des heures passées à l’hôpital, des effets secondaires à gérer, de la fatigue par moments, des nombreux renoncements, toutes ces choses que je ne peux plus faire et que j’aimais faire, le sport, les bons repas bien arrosés avec mes amis ( j’ai perdu l’appétit et je n’arrive plus à boire d’alcool)…
Je ne suis pas maître de ce que je ne peux plus faire mais je me réjouis de pouvoir faire maintenant ce que je ne pouvais pas faire.