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#185806
Pierre
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Bonjour Mariata,

Je vous apporte mon témoignage pour vous aider à rationaliser les choses même si je sais qu’à l’annonce d’un cancer et au début du traitement, c’est très difficile de ne pas perdre tout repère.

Ma tumeur du rein a été découverte en septembre 2012, le bilan d’extension réalisé immédiatement comportait 2 micronodules aux poumons. L’oncologue m’a immédiatement "rassuré" en me disant que 50% des hommes de plus de 40 ans ont des nodules aux poumons (tabagisme, séquelles de maladies pulmonaires anciennes etc…) et qu’il n’était à ce stade pas pertinent de les considérer comme liés au cancer du rein, la priorité étant la chirurgie de la tumeur (qui chez moi était volumineuse et envahissait la veine rénale et la veine cave). Donc quand l’urologue de votre mari dit qu’il peut s’agir de nodules bénins, c’est tout à fait cohérent. Après il y aura un suivi régulier pour surveiller si ces nodules grossissent et peuvent être mis en relation avec une progression de la maladie. En règle générale, le cancer du rein progresse lentement donc on a le temps d’agir et de programmer un traitement lorsque cela devient nécessaire. Dans mon cas, on a traité à partir d’août 2013 ces nodules qui effectivement grossissaient et se multipliaient . Il y a plusieurs protocoles possibles. Dans mon cas, on a choisi Avastin (1 fois/15 jours) + interféron (3 fois/semaine). 9 mois plus tard, les nodules ont totalement disparu et nous envisageons une suspension du traitement après un scanner de contrôle le 30 avril. Pendant tout ce temps, j’ai conservé une vie et un rythme personnel et professionnel tout à fait normaux.

Ce que je veux vous dire, c’est qu’il faut éviter de vous projeter dans un avenir qui serait forcément sombre. Il faut affronter une épreuve qui, certes, est totalement déstabilisante par son incertitude et la meilleure façon de le faire c’est étape par étape. Ainsi l’avenir s’éclaire petit à petit des victoires qu’on engrange les unes après les autres contre la maladie. Dans le cancer en général, et surtout le cancer du rein, le pire n’est jamais certain, surtout avec la révolution qui a été permise par les traitements aujourd’hui disponibles. Sans compter que la science et la médecine continuent de progresser. 

Ayez foi dans la médecine et surtout aidez votre mari à croire en lui-même. Que la force soit avec vous.

Pierre