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#189236
Titus
Participant

Bonjour,

Il y a longtemps que je ne suis pas intervenu sur ce forum. J’y passe jeter un oeil de temps à autre pour le cas où je pourrais utilement intervenir. Je comprends bien votre angoisse et je connais bien les questions que vous vous posez.Voici maintenant bien plus de dix ans, j’ai aussi reçu sur la tête la nouvelle d’un grade Furhman élevé (3 dans mon cas; mais le 3 comme le 4 appartiennent à la même catégorie des tumeurs réputées être devenues agressives). Mais comme vous, N0 M0, ce qui était la bonne partie de la nouvelle. Si j’avais su mieux entendre la partie optimiste du discours de mon oncologue,je me dis maintenant que je me serais moins gâché la vie au début de ce parcours.
Pour faire simple, en dehors du grade de Furhrman, existent bien d’autres critères, assez bien expliqués sur ce site ou que l’on peut retrouver facilement sur internet. Présence d’emboles vasculaires ? extension à la graisse rénale ? marges opératoires saines ? nécroses internes (mais à 9 cm, il doit y en avoir, comme j’en avais moi-même), etc…Les oncologues expérimentés savent, en dehors des données satistiques pures, interpréter tous ces éléments au cas par cas (en tenant compte aussi de l’âge, de l’état général, etc..), même s’ils ne se risqueront jamais à avancer un pronostic.

Pour nous tous ici et pour moi aussi, même 11 ans après,existe le risque d’apparition de métastases. C’est simplement un risque qui va diminuer progressivement au fur et à mesure du temps qui va s’écouler. Les deux trois premières années sont difficiles. Après, on relativise. En tout cas, pour moi comme pour une infinité d’autres cas, les métastases tellement redoutées ne sont jamais venues, ou sont restées inactives, sans que pour l’instant personne ne soit capable de dire pourquoi. Je connais bien des cas, autour de moi, où après 15, voire 20 ans, rien de fâcheux ne s’est produit, même avec des grades élevés. Il n’y a pas de fatalité, simplement un hasard avec lequel il va falloir apprendre à vivre. Dans ce type de cancer, ce qui est terrible, même pour les moins atteints, c’est qu’on peut être guéris par la chirurgie initiale mais sans avoir les moyens de le savoir. Seul le temps le dira. Il faut donc apprendre à vivre avec.

Donc au début, surveillance stricte évidemment, pour pouvoir réagir au moindre signe inquiétant afin de mettre en ligne sans tarder les traitements possibles (qui ont beaucoup progressé et progresseront encore). Traitement adjuvant ou pas ? Les essais cliniques, par nature, n’offrent aucune garantie, sinon celle de se savoir surveillé et pris en charge, ce qui n’est pas rien, au moins psychologiquement. En contrepartie, des effets secondaires perturbateurs en sont souvent le prix. J’espère que sur le forum se manifesteront ceux qui ont eu ce choix à faire. Il n’est sans doute pas inutile d’envisager d’aller chercher un second avis auprès d’un centre spécialisé, tel l’IGR, si ce n’est pas un tel centre qui vous suit.

Je pense que d’autres pourront compléter mon avis et celui qui m’a précédé. En tout cas, pas de résignation. Rien n’est perdu, quoi qu’il arrive, sinon la tranquillité d’esprit. Courage !