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#184060
Blue Guitar
Participant

Je suppose que tu ne travaille pas dans le domaine public. Je ne pourrai donc pas te répondre sur cette question. Par contre, je peux te dire ce qui se passe pour moi. Peut être que l’on t’as mal renseigné à ce sujet.

Voilà en bref mon histoire professionnelle depuis que j’ai appris ma rechute après la néphrectomie totale que j’avais subie 6 mois avant.

J’ai vu le médecin du travail qui m’a dit que je pouvais bénéficier d’un congé de longue maladie dit "fractionné" qui a été accordé par un expert médical. En plus du Sutent je suis entrée dans un protocole d’essai AMG 386 qui m’oblige à me rendre à l’hopital 1 fois par semaine le lundi. Mon médecin avait demandé un arrêt de travail le lendemain de ‘injection. J’ai donc depuis plus ‘un an 2 jours de CLM fractionné. Le médecin du travail a fait prendre en compte mes deux mois d’arrêt pour la néphrectomie. A ce jour, il me reste plus d’un an de CLMF si on poursuit les injections encore 1 an. Si je les arrête, j’ai deux ans de CLMF. Le Congé de longue maladie se recrédite dès que j’aurais repris à temps plein 1 an. Ensuite, il y a le mi-temps thérapeutique. Sans aucune amputation du salaire bien sûr. La suite, on verra après. Donc il y a de la marge. Une chose est sûre, le médecin su travail a bien capté que la poursuite du travail était très importante pour moi, et pour nous tous en particulier. C’est une manière, pour nous, de garder un rôle social important quand même. Mon oncologue n’a pas sourcillié le moindre instant quand je lui ai dit que je voulais poursuivre mon activité professionnelle. D’ailleurs elle ne ‘a rien interdit.

Je reconnais cependant que je suis une sacrée privilégiée par rapport à beaucoup de malades qui n’ont pas la même amplitude de mouvement dans leur entreprise. Il est vrai que je travaille avec des médecins mais qu’ils n’étaient pas obligés de me faciliter la tache. J’aurais pu tout aussi bien me voir proposer l’arrêt pur et simple. Mais je n’en suis pas là.

Je sais que ce traitement est très long. Très handicapant certaines fois. Si je rentre plus tard le matin, je peux rattraper l’heure ou l’heure et demi le soir. Sans me fatiguer pour autant. On m’a aménagé le travail. Je ne fais malheureusement plus d’accueil. Le simple fait de poursuivre mon activité professionnelle ma laisse croire que je vis normalement, presque comme avant tout ça. Et sincèrement, mon moral n’a jamais vacillé. Même lorsque mes scanners sont stables alors que j’aurais aimé que les lésions diminuent.

Je ne cache pas que dans mon administration, au service du personnel, il y a encore des agents qui chipotent sur certaines décisions prises par le médecin du travail. On m’a fait des difficultés. Dans mon service, il y a deux jalouses qui ne comprennent pas pourquoi on m’a aménagé un bureau au rez de chaussée pour m’éviter de monter sans arrêt les escaliers. Si je suis fatiguée, pourquoi je ne reste pas chez moi m’a t-on proposé !!! Mais je tiens bon. Ce travail, c’est aussi ma survie et la survie de tous ceux qui se sentent d’aller travailler malgré le traitement.

Je crois qu’il faut que tu te renseignes très bien. Les malades ont des droits et ne doivent pas être stigmatisés ni lésés.

Je sais que ma réponse ne correspond pas vraiment à ta demande, mais puisse-t-elle t’encourager dans tes démarches. Même si maintenant, tout ça parait facile pour moi, je n’ai pas toujours été très optimiste au début. Mais maintenant, je suis très contente du résultat et je n’hésiterai pas à aider d’autres collègues dans la même situation que moi.

Alors courage, tu dois y arriver toi aussi.