Parfois la vie s’accélère…
Cela faisait plusieurs mois que j’étais pas mal fatigué. J’ai attribué ça au stress provoqué par certaines de mes activités et ma tendance à la dépression. J’ai quand même fini par consulter un généraliste début novembre.
L’analyse sanguine révèle une anémie, mais aucune carence d’origine alimentaire — ce que j’étais bien content d’apprendre vu que je ne consomme pas de produits issus de l’exploitation animale. Quelques tests supplémentaires indique un syndrome inflammatoire. La radio des poumons montrera quelques nodules. Lors du scanner qui suivra, la radiologue a élargi le champs et voilà repéré 12 cm de tumeur sur mon rein droit. L’annonce a été vraiment nul, c’est mon généraliste, le lendemain, qui prononcera le mot « tumeur » le premier. J’imagine que c’est suffisament inhabituel pour des patient·e·s ayant la trentaine pour l’avoir déstabilisé.
On prévoit une néphrectomie pour deux semaines plus tard. Entre temps, je commence à avoir du sang dans mes urines. J’ai même dû rentrer à l’hôpital quelques jours plus tôt que prévu car un énorme caillot a fini par bloquer complètement ma vessie.
L’intervention a été précédée d’une embolisation. C’est une procédure impressionnante, sous anesthésie locale, où des radiologues posent des bouchons sur l’artère qui irrigue le rein. Cela a très bien fonctionné et la néphrectomie a pu être faite en deux fois moins de temps que prévue, avec peu de saignement.
La reprise de fonctionnement du système digestif après l’opération n’a pas été facile. Ça a fini par repartir quatre jour après. Heureusement, j’ai eu de nombreuses visites et beaucoup de soutien.
Je suis sorti ce lundi. Bien content d’être de retour à la maison, de pouvoir retrouver quelques habitudes, mes ami·e·s et une alimentation équilibrée. À part que la cicatrice est douloureuse — mais cela va mieux de jour en jour — je me sens en bien meilleur forme que les mois précédents. Un appétit féroce et l’envie de profiter des personnes qui m’entourent rythme mes journées de convalescence.
La tumeur est partie pour l’analyse. Le prochain rendez-vous avec l’équipe soignante est pour la deuxième semaine de janvier. J’imagine qu’on discutera de traitements pour les métastases. Je m’inquiète de savoir si on les a toutes détectées… En tout cas, j’essaye de profiter de la vie d’ici là, les effets secondaires n’ont pas l’air toujours facile à vivre.
En attendant, je me renseigne. Je découvre la complexité des cancers. Qu’on devrait toujours en parler au pluriel. Le fait que chaque patient développe des cellules qui sont uniques me donne ce bizarre mélange d’espoirs et d’appréhensions.
D’ici là, je me suis remis à boire du thé vert. Je me renseigne sur les autres substances connues pour avoir des propriétés anti-angiogenèses. Tout en me disant que sûrement le Sutent est plus efficace à bloquer les récepteurs VEGF que les champignons maitake ou le reishi…
Voilà le début de mon aventure. Un salut à toutes et à tous.